Vince_23 a écrit : ↑21 sept. 2024, 15:47
Je trouve l’article de l’Est éclair assez intéressant en terme de remises en questions et les problématiques de nos « vieux » et jeunes stars :
L’Estac enchaîne les contre-performances. Depuis de longs mois désormais. Pour inverser une tendance très négative, le club, qui travaille pourtant très bien dans de nombreux domaines, va devoir prendre des décisions. Car le bateau ne fait pas que tanguer. Il coule, doucement. « On ne peut pas être plus bas, a affirmé Stéphane Dumont vendredi en conférence de presse d’après-match. Cette désillusion, à chaud, je ne l’explique pas trop. Le groupe travaillait de manière très cohérente au quotidien, on sentait une énergie positive. » Après avoir vu « d’énormes progrès lors des trois dernières journées », le coach de l’Estac, peinait à expliquer cette rechute. « On doit être capable d’avancer, dans la difficulté, de faire front. On doit tirer des constats. » Et faire des choix forts, pour enrayer une spirale incroyable.
« Il a manqué plein de choses »
Vendredi soir, 23 heures au stade de l’Aube. Trois ou quatre joueurs sont sortis du vestiaire troyen et sont passés, comme ils devraient tous le faire, devant la presse. Jaurès Assoumou, Junior Diaz et Zacharie Boucher se sont gentiment arrêtés. Pour dire quoi ? Rien de transcendant. Des banalités, presque. Que peuvent-ils bien dire après cette énième déception ?
Jaurès Assoumou, le pauvre, n’est pas plus à l’aise devant les micros que derrière un ballon. Il venait de faire un match catastrophique, n’en était peut-être même pas conscient. « On a tenté des trucs, la chance ne nous a pas souri, a-t-il résumé. Ma prestation ? On a perdu. C’est difficile de trouver les mots. Pour moi, le plus important, c’est le collectif, pas de parler de moi. » Un collectif qui a failli, comme trop souvent. « Il a manqué plein de choses, analyse Junior Diaz. On attendait beaucoup de ce match. Mais on n’a pas été à la hauteur. J’ai l’impression que l’on n’a pas été assez solidaire. Peut-être a-t-on manqué un peu d’envie. Mais surtout de solidarité. » « On n’a pas fait ce qu’il fallait, estime Zacharie Boucher. On est juste déçu. On voulait faire une meilleure performance pour le retour du public et de nos familles au stade. On n’a pas été capable de le faire. En première mi-temps (durant laquelle l’équipe a été surclassée, NDLR), mais aussi en deuxième (même si elle a bien rectifié le tir, NDLR), puisqu’on a encaissé deux buts. »
Paroles, paroles…
Encore des mots, toujours des mots, les mêmes maux… L’Estac a la fâcheuse tendance ces derniers mois à répéter les mêmes prestations qui débouchent sur un résultat identique. Lanterne rouge malgré des moyens conséquents, elle ne parvient pas à relever la tête. Et, pire, l’horizon semble bouché, l’avenir sombre. Les choix d’un passé récent ont conduit à cette situation sportive catastrophique. Vendredi, selon un observateur bien informé, la masse salariale de l’Estac était peut-être dix fois supérieure à celle de Rodez, « où le meilleur joueur ne gagne pas plus de 10 000€ bruts ».
À Troyes, on a vendu un projet ambitieux aux recrues. L’Estac doit être un tremplin pour elles vers les sommets. Les joueurs qui sont arrivés n’ont pas été embauchés pour se battre chaque semaine pour leur survie. Ils aspirent à mieux que la Ligue 2, quand les Ruthénois sont déjà ravis d’être dans cette division.
Une fois le problème posé, il faut trouver des solutions. Aujourd’hui, quelles sont-elles ? « Se parler, se battre et revenir en pleine forme », pense Jaurès Assoumou. Continuer à travailler, selon Zacharie Boucher. « On s’exerce à l’entraînement au quotidien pour confirmer en match le week-end. Aujourd’hui, on est encore un peu malade. On n’est pas capable de répéter les bonnes performances. Mais il y a encore plein de matchs. Il va falloir vraiment aller chercher des points. »
Faire table rase pour repartir à zéro ?
Comment ? Là est la question. En faisant des choix. Très forts. En resserrant le groupe, c’est évident. En mettant au placard des joueurs qui n’ont plus la fraîcheur, physique et mentale, nécessaire ?
Vendredi, la moyenne d’âge de l’Estac du onze titulaire était supérieure à celle de Rodez (25,3 contre 23,8). Les Troyens ne jouent peut-être plus trop jeunes. Ils jouent peut-être même, pour certains, trop vieux. Mehdi Tahrat (35 ans) oblige le bloc à jouer très bas, car il n’a plus les jambes pour jouer plus haut (Bruno Irles avait pointé le même problème avec Adil Rami, que Kisnorbo avait remis…). Xavier Chavalerin, à 34 ans, « est bouilli », selon un observateur, avis que nous partageons. Youssouf M’Changama, 34 ans, n’est que l’ombre du M’Changama qui enflammait le Roudourou lors de ses années guingampaises. Boucher, 33 ans, est un excellent joueur de vestiaire, malheureusement plus décisif sur le terrain.
Que faut-il donc faire ? Les enlever ? Sans doute. Pour mettre qui ? Lemaître, Diop, Dong ou Gozzi ? Peut-être. Comme il faut sans doute recadrer Saïd, incapable d’enchaîner les performances. Le Comorien est l’un des joueurs les plus talentueux de l’effectif. Mais c’est un soliste, pensant plus à lui qu’au collectif. « C’est simple, sourit (jaune) un ancien joueur pro de l’Estac, avec Saïd, il faut lui laisser une mi-temps. Il n’est pas bon ? Il ne fait pas les efforts ? Il sort. Il marque un but ? Il sort. Sinon, il s’enflamme et fait n’importe quoi. » Assoumou ? Lui aussi doit retrouver le banc. Pour laisser la place à Dong ou à Irié, sur le côté. Adeline, bien trop brouillon face à Rodez, va devoir se mettre au diapason. Bref, le chantier est immense. L’avantage, c’est que le duo Dumont-Sibierski est intelligent. Ces deux-là, qui se demandent peut-être où ils ont mis les pieds, semblent avoir les épaules pour redresser la barre. Tout le public troyen (enfin ce qu’il en reste) le souhaite. Espérons seulement qu’il n’est pas (déjà) trop tard.